Dimanche 29 novembre 2009
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Le tourisme du bien-être bénéficie de deux moteurs indéniables : une tendance de fond positionnant l’hédonisme au cœur des préoccupations des Français et le vieillissement d’une
population qui entend bien rester jeune et en forme. C’est effectivement toute une génération qui arrive à l’âge de la retraite, avec un pouvoir d’achat élevé et du temps disponible.
Si le marché est porteur sur le long terme, il n’échappera toutefois pas aux effets immédiats de la crise conjoncturelle. Le bien-être, à l’instar des autres postes de dépenses non
contraintes, sera impacté par les arbitrages de consommation des Français.
Face à cette crise, le contexte concurrentiel va se durcir sur le marché du tourisme de bien-être.
D’une part, la concurrence intrasectorielle, entre d’un côté les spécialistes de la thalassothérapie (Thalazur, Thalacap, Relais Thalasso, Accor Thalassa), et de l’autre les groupes de
thermalisme (Valvital, Thermalliance, etc.), hors séjours remboursés par la Sécurité sociale, sera encore vive.
D’autre part, les spécialistes de la thalassothérapie et du thermalisme seront concurrencés par un nombre croissant d’acteurs présents de manière plus ou moins directe sur le segment du
bien-être, comme, par exemple, les groupes hôtelliers:
Accor est de loin le groupe hôtelier leader en matière de tourisme de santé. Sa marque, Accor Thalassa, est présente sur tous les segments de marché (thermalisme, thalassothérapie, spa).
Elle fait à ce titre figure d’exception. Très peu de groupes hôteliers intégrés français sont en effet positionnés sur le marché (ce qui s’explique en partie par un positionnement entrée ou
milieu de gamme). Toutefois, des chaînes volontaires assurant la promotion d’établissements indépendants haut de gamme disposent d’une offre « bien-être ». C’est notamment le cas de Relais
& Châteaux avec sa rubrique spa et beauté au sein de laquelle sont référencés 178 établissements dans le monde entier (dont 29 en France), ou encore Châteaux et Hôtels Collection qui
recense plus de 60 établissements (55 en France) dans la catégorie « nos spas ». Certains centres de thalassothérapie avec hébergement intégré sont même rattachés à ces chaînes, à l’instar de la
thalassothérapie Richelieu à l’Île de Ré ou du Castel Clara à Belle Île (Relais & Châteaux). Relais & Châteaux ainsi que Châteaux et Hôtels Collection proposent en outre des
coffrets-cadeaux autour de cette thématique : Lys Spa & Bien-Etre (641 euros pour 2) et Evasion Bien-être et Spa (490 euros pour 2).
Concernant les opérateurs étrangers, plusieurs groupes figurant parmi les leaders mondiaux et développant pour la plupart des marques haut de gamme, ont équipé leurs établissements de centre de
remise en forme, et de plus en plus de spas (Starwood Hôtels & Resort, Hilton…).
Les groupes hôteliers équipés de spas sont aujourd’hui les principaux substituts aux acteurs traditionnels. Ils pourraient en outre pénétrer le secteur du bien-être de manière plus
frontale en créant (ou rachetant) leurs propres centres de thalassothérapie ou, dans une moindre mesure, de thermalisme. Ainsi, ils constituent à la fois une menace comme nouveaux entrants
potentiels sur le secteur mais endossent également le rôle de substituts.
Se placer comme des substituts du tourisme du bien-être au sens strict (thalassothérapie/thermalisme), est né d’une volonté des opérateurs positionnés sur l’hôtellerie haut de gamme (4 et
5 étoiles), voire de plus en plus milieu de gamme (3*) de développer une offre différenciée au sein de leurs établissements. L’équation est simple : l’engouement des consommateurs pour les
services liés au bien-être et à la beauté en fait un marché porteur et donc attirant. Outre l’effet différenciation, les entreprises s’assurent aussi une source de revenus supplémentaire. Des
prestations de bien-être ou de beauté permettent d’une part de doper la fréquentation de l’hôtel avec l’attraction de nouveaux clients et d’autre part de fidéliser une partie de la clientèle :
augmentation du panier moyen des clients qui dépensent plus sur place à moindre coût avec un meilleur amortissement de certaines charges fixes ou semi-variables (loyers par exemple, personnel
d’accueil, etc.). Une augmentation de l’activité de l’espace en lui-même (spa, institut de beauté) peut en outre être envisagée via une hausse de la fréquentation en ouvrant l’accès à une
clientèle extérieure de l’hôtel ou via la vente de produits cosmétiques.
Moins de 15% des établissements hôteliers de chaîne haut de gamme proposent un spa